Déploiement de la 4G : quelles dynamiques constatées ? 1ère partie

publié le 19 mai 2016 (modifié le 20 mai 2016)

Bilan à fin avril 2016 d’une analyse des données ANFR concernant les opérateurs de téléphonie mobile.
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Les 4 opérateurs de téléphonie mobile, Bouygues, Free, Orange et SFR disposent d’autorisations d’usage de fréquences délivrées par l’ARCEP (lien vers arcep.fr). En ce qui concerne la 4G-LTE, plusieurs fréquences (lien vers arcep.fr) sont concernées : 2600 MHz, 1800MHz, 800MHz et plus récemment 700MHz. L’autorisation d’usage dans la bande des 800MHz, qui ne concerne pas Free, est assortie de conditions échelonnées dans le temps concernant la couverture de la population de communes situées en « zone de déploiement prioritaire ». La première de ces conditions est de couvrir 40 % de la population des communes de la zone dite prioritaire avant le mois de janvier 2017 . Fin 2015, l’ARCEP a fait le constat qu’Orange couvrait 25 % de la population de cette zone et était sur la trajectoire d’atteinte de la première condition. En ce qui concerne Bouygues et SFR, l’ARCEP les a enjoints de respecter cette échéance en les mettant en demeure en février 2016.

Les autorisations d’émettre (pour les émetteurs d’une puissance >5W) sont obtenues auprès de l’Agence Nationale des Fréquences de Radiodiffusion (ANFR) qui publie chaque mois depuis novembre 2012 un observatoire national (lien vers anfr.fr) montrant l’évolution du déploiement des réseaux mobiles. Cet observatoire dénombre en particulier les supports accueillant les émetteurs 4G par opérateur, par fréquence et par département.
La publication de cet observatoire a été précédée de quelques mois par la refonte du site cartoradio.fr à l’été 2012. Ce site, mis à jour mensuellement, permet de consulter notamment l’état cartographique du déploiement des opérateurs de téléphonie mobile par technologie (2G, 3G, 4G) ainsi que des mesures de champs d’émission, tous types d’opérateurs, toutes fréquences et technologies confondues.

Par ailleurs, depuis avril 2015, l’ANFR publie chaque mois sur le portail Etalab data.gouv.fr la base nationale des données relatives aux émetteurs, aux bandes de fréquences et aux supports d’émission. Cette base comprend aussi des informations sur des opérateurs dont les services ne concernent pas la téléphonie mobile.

L’intérêt des informations publiées par l’ANFR est certain. Il est toutefois apparu utile au groupe Aménagement Numérique des Territoires (ANT) du Cerema de croiser les deux aspects mis en avant dans les outils de l’ANFR : l’aspect dynamique du déploiement abordé par l’observatoire et la cartographie de situation en vue de répondre aux questions suivantes :

  • où le déploiement a-t-il lieu pendant les douze derniers mois ?
  • quelles sont la ou les dynamiques territoriales de déploiement de la 4G depuis avril 2013 ?
  • concernant les territoires ruraux et notamment la zone de déploiement prioritaire de la 4G, quelle est la dynamique territoriale et la situation relative au déploiement dans la bande 800MHz ?

  Méthode

Pour construire des éléments de réponse à ce questionnement, le pôle ANT a fait le choix d’utiliser les données accessibles publiquement sur data.gouv.fr, librement réutilisables, et uniquement celles-ci.
Le choix a été fait de ne retenir que les demandes d’autorisation, les fichiers de l’ANFR ne permettant pas, à l’heure actuelle, de savoir si celles-ci sont effectivement utilisées ou non par les opérateurs de téléphonie mobile. Au demeurant, les autorisations sont bien utilisées dans les 18 mois pour émettre effectivement dans ce délai sauf cas particulier.

  1-Intensité des déploiements depuis un an

Animation, tous opérateurs confondus, des lieux de déploiement depuis avril 2015  (nouvelle fenetre)
Animation, tous opérateurs confondus, des lieux de déploiement depuis avril 2015

Animation, tous opérateurs confondus, des lieux de déploiement depuis avril 2015. Cliquez sur l’image .

Sans surprise, le déploiement s’est poursuivi dans les territoires les plus denses pour accompagner la demande de la clientèle la plus nombreuse.
En complément du déploiement pour faire face au besoin de capacités dans les zones les plus denses, il est maintenant constaté un déploiement sur des axes de transports (LGV Paris-Lyon, LGV Nord + Autoroute A1 et un début de déploiement sur la LGV Est ou sur la portion Lyon-Marseille). Les territoires ruraux commencent également à faire l’objet d’un effort de déploiement mais cela se distingue moins sur cette première carte.

  2-Déploiement 4G-LTE depuis avril 2013 jusqu’en mai 2016

Toutes bandes de fréquences  (nouvelle fenetre)
Toutes bandes de fréquences

S’agissant de la seconde animation (depuis avril 2013), celle-ci concerne toutes les bandes de fréquences (800MHz, 1800MHz et 2600MHz). Cliquez sur l’image.

Cette animation est commentée et son défilement automatique.

En résumé, plusieurs séquences sont identifiables dans cette animation :

. Séquence 1 : les premiers déploiements ont lieu sur Lyon et Marseille, villes d’expérimentation puis Paris jusqu’à l’été 2013.
. Séquence 2 : l’autorisation (lien vers arcep.fr) donnée à Bouygues Telecom d’utiliser le 1800MHz pour émettre en 4G a permis durant l’été 2013 la réutilisation des sites déployés en 2G, ce qui est bien visible. Cela concerne aussi des territoires moins denses.
. Séquence 3 : le déploiement se poursuit dans les villes et les stations balnéaires ou touristiques pour Bouygues et SFR, ainsi que pour Orange/Free Mobile dans les autres territoires jusqu’au printemps 2015.
. Séquence 4 : le premier semestre 2015 voit également la poursuite du déploiement de SFR dans les centres urbains et le début du déploiement le long de la LGV Paris-Lyon, de la LGV Nord (+ Autoroute A1) et un début de déploiement pour la LGV Est.
. Séquence 5 : Enfin, à partir de septembre 2015, SFR et Bouygues commencent à déployer des plaques mutualisées en Bretagne, autour d’Amiens, en Languedoc-Roussillon puis en Charente et sur un grand nombre d’autres territoires au fil des mois. En complément du déploiement déjà réalisé sur les pôles urbains de moindre importance, il concerne aussi de larges portions de territoires.

Et pour les territoires ruraux (800 MHz) …